« La véritable source et définition de la politique est celle qui vient du terrain » (Interview de Gil Taïeb pour lepetitjournal.com)


En juin prochain, les Français de Grèce voteront pour le député qui les représentera désormais à l’Assemblée nationale. Le petitjournal.com (Le media des Français et francophones à l’étranger) a rencontré Gil Taieb, candidat indépendant, Docteur en Chirurgie Dentaire et homme d’action, d’engagement humanitaire et de culture, créateur, entre autres, du festival de création artistique Onze Bouge

Lepetitjournal.com : Vous vous présentez aux législatives 2012. Qu’est ce qui a motivé votre candidature ?
Gil Taieb: Je n’ai pas de parcours politique comme on l’entend, c’est à dire que je n’appartiens pas à un parti et je ne me suis jamais présenté à des élections à titre personnel. Mais j’ai un parcours politique dans le sens où mon action, depuis 20 ans, dans le domaine associatif, social et culturel est une politique de terrain. J’ai été amené à rencontrer de nombreuses personnalités dans le domaine social, culturel, économique, et aussi dans le domaine de la santé pour mener à bien toutes les actions que j’ai entreprises, et les missions qui m’ont été confiées. J’ai aussi accompagné des personnalités politiques lors de leurs élections pour les conduire à la réussite.
C’est, pour moi, là, la véritable source et définition de la politique, celle qui vient du terrain. A force de travailler sur le terrain et de prendre des responsabilités, il me semble que c’est la suite logique de saisir cette opportunité qui nous est offerte aujourd’hui d’être élu pour défendre les Français de l’étranger dans cette circonscription avec laquelle j’ai des attaches.

Vous sentez-vous légitime pour représenter les Français des pays de cette zone ?
La légitimité voudrait être associée à l’appartenance à un parti politique ou une machine politique. Or je pense qu’elle vient de votre travail, de vos réalisations. Le député est un élu de terrain, un élu de proximité. Il doit entendre, connaître et trouver les bonnes solutions, en étant toujours proche de ceux qu’il va représenter. Dans cette circonscription, il y a un ensemble de problématiques communes à tous les Français mais aussi une situation géopolitique particulière. Des défis communs seront à relever. Tout cela donne une cohérence dans laquelle je me reconnais.

D’après vous, qu’attendent particulièrement les Français de Grèce de leur futur député ?
Sur l’ensemble de la circonscription et sur l’ensemble des pays du monde, les problématiques sont liées en général à 3 questions récurrentes et essentielles.
– L’aspect social, concernant par exemple, les aides liées à des situations bien particulières. Dans notre circonscription, il y a les pertes d’emploi compte tenu de la crise économique, ses effets secondaires avec de nombreuses familles recomposées et le problème des femmes seules avec enfants qui ont perdu tout lien avec la France…
– Le domaine éducatif. Les critères de sélection pour l’obtention des bourses est aujourd’hui à revoir, compte tenu de certaines urgences. En Grèce précisément, on sait que la dotation d’une bourse est faite en fonction des revenus déclarés l’année précédente. Or je ne suis pas sûr, dans la situation actuelle, que ces revenus soient les mêmes cette année. Du coup, certains ne pourront pas payer la scolarité de leurs enfants, qui ne pourront poursuivre leur apprentissage en français.
– Le problème des retraites. Certains ont besoin d’une revalorisation de leur retraite, d’une complémentarité par rapport à celle qu’ils touchent en Grèce.

Avec la crise, il me semble que beaucoup de français de l’étranger se retournent vers la France pour avoir des solutions, des aides et des contacts.
Et le rôle du député est d’intervenir sur ces phénomènes d’urgence liés à une instabilité totale. Trouver des solutions communes et spécifiques, mais aussi faire le lien entre les différents pays, dans le domaine économique et culturel.

Si vous êtes élu, comment organiserez-vous votre présence en Grèce ?
Personne n’a le don d’ubiquité, donc je ferai en sorte d’avoir, dans chaque circonscription, des gens qui me seront attachés et qui viendront me ramener l’information. Il y aura, dans chaque pays, une, deux ou trois personnes que je nommerai. Des locaux, vraisemblablement impliqués dans le milieu associatif, qui, de par leur vécu et leur savoir, pourront me communiquer les besoins et me mettre en action pour pouvoir régler les problèmes. Je veux que les gens aient une adresse et un numéro de téléphone qu’ils puissent joindre tout le temps pour parler de leurs problèmes. En Israël, c’est ce que j’ai déjà fait et, ici, je suis déjà en contact avec des associations qui ont exprimé l’idée de travailler éventuellement avec moi.

Propos recueillis par Delphine Millet Prifti (www.lepetitjournal.com/athenes.html) Mercredi 28 mars 2012

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Publié 18 avril 2012 par gt2012 dans Revue de presse

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