Grèce

DÉCLARATION DE GIL TAIEB AUX FRANÇAIS RESIDANT EN GRECE

 

Les Français de Grèce, prisonniers de la plus grave crise financière européenne, ne doivent pas être exclus de la solidarité nationale
Depuis le début de la crise financière de 2007, la Grèce est gravement touchée par l’extension de la crise financière qui touche l’Europe et le Monde. Les plans d’austérité se succèdent étouffant peu à peu ce qu’il reste d’activité économique dans le pays.
Nos compatriotes ne doivent pas être abandonnés à leur sort, même si la France elle-même connaît des difficultés économiques croissantes.
Je suis votre candidat pour que votre voix porte jusqu’à Paris. Au cœur d’une crise d’abord financière, puis économique et aujourd’hui sociale, la Grèce est durement affectée. Outre la solidarité européenne qui s’exerce pour trouver des solutions à l’hyper-endettement du pays, la France doit s’intéresser aussi aux difficultés que peuvent connaître ses citoyens établis en Grèce.
Je suis venu pour vous rencontrer, vous écouter et vous dire pourquoi et comment votre député agira pour faire connaître vos préoccupations et relayer – avec force et engagement – les demandes que vous pourrez exprimer.
J’ai un long vécu de l’aide et de l’engagement social que je souhaite mettre aujourd’hui à la disposition de tous ceux qui pourraient souffrir de la crise, mais aussi à tous ceux qui veulent réussir la reconstruction économique d’un pays d’adoption qu’ils aiment. Ceux-là aussi, la France doit pouvoir les soutenir, au nom de son idéal républicain, mais surtout de son projet européen.
Chaque Français qui réussira ici aidera l’Europe à sortir la Grèce de ses difficultés. Il faut le faire savoir pour recueillir le soutien de la France. Ce sera une part importante de ma mission, si vous m’accordez votre confiance.
Nullement inféodé à un parti politique établi, je dispose d’une liberté de parole sur laquelle vous pourrez compter pour mieux faire connaître les réalités que vous vivez ici en Grèce.
C’est une chance pour les Français de Grèce, saisissez-là !

ur le plan social, la population est exsangue : des mesures d’austérité draconiennes et brutales ont suivi le laxisme créé par le surendettement qui a poussé les Grecs à consommer plus qu’ils ne produisaient. On assiste à une détérioration grave de la situation de l’emploi et les coupes drastiques dans les dépenses sociales laissent de nombreux Grecs sans ressources, ni aides appropriées.

On comprend que l’engagement de ramener le stock de dettes à 120% du PIB en 2020 soit particulièrement difficile pour un pays dont les infrastructures sont insuffisantes ou absentes pour relancer la croissance :
• Les estimations qui circulent indiquent un besoin vraisemblable de 170 milliards d’euros supplémentaires d’ici 2014.
• On parle de la mise sous tutelle du pays en une sorte de territoire administré de l’UE qui ne dirait pas son nom.
• Les concours du FMI, malgré les effets d’annonce, demeurent limités. Les facilités élargies de crédit promises ont du mal à se mettre en place.
• Tout ceci devrait hypothéquer les élections d’Avril qui deviennent un enjeu pour porter au pouvoir un « front du refus » des mesures d’austérité.
• Certains s’interrogent s’il n’aurait pas fallu constater un défaut de paiement anticipé de la Grèce pour activer la mise en œuvre des CDS Grecs (contrat d’assurance relatif aux titres émis). Mais aujourd’hui, 50 à 60 milliards d’euros de CDS apparaissent dérisoires comparativement à une dette qui s’est rapidement détériorée pour atteindre aujourd’hui 350 milliards d’euros. Il est certain que la question se poserait différemment si le montant notionnel des CDS souscrits pour la dette grecque s’élevait à plusieurs centaines de milliards d’euros.
Je ne suis pas économiste, mais suffisamment en prise avec la vie de mes concitoyens pour identifier un faisceau de difficultés et de tensions qui ne demandent qu’à déborder le seul domaine de l’économie.

Montée des risques géopolitiques dans la région ?
La dimension géopolitique des difficultés de la Grèce et de la montée des tensions sociales dans le pays m’interpelle. Si je suis élu, j’aurais à me préoccuper du sort des Français dans cette région de l’Europe du Sud-Est, un carrefour important entre l’Europe du Nord et l’Europe de la Méditerranée Orientale.

Depuis le début du XXe siècle, la question des minorités est une cause de troubles récurrents dans cette région et je suis conscient que les troubles économiques et sociaux viennent réveiller ces questions.
La France, qui a toujours été présente dans cette région, se doit d’anticiper ces évolutions, d’y maintenir une zone de prospérité pour écarter un regain de tensions politiques et sociales.
Si vous regardez une carte, seulement 97 kilomètres séparent Chypre de la Syrie dont les populations sont victimes d’une répression sanglante et massive inadmissible qui s’ajoute aux difficultés humanitaires de la région. Surtout, nous devons rester vigilants au renouveau possible d’anciens foyers de tensions : tensions gréco-turques dans la mer Égée à l’Est et en Thrace au Nord-Est, tensions gréco-macédoniennes au Nord, tensions gréco-albanaises au Nord-Ouest. Gardons en mémoire que nous sommes dans les Balkans.
Les français qui ont choisi de vivre en Grèce, comme en Turquie ou en Israël doivent pouvoir le faire sereinement, tant sur le plan économique que sur le plan de la stabilité politique. Ceci est mon principal objectif pour les Français de la Méditerranée Orientale que je souhaite représenter.
Mon rôle sera aussi d’alerter les responsables politiques en France des risques que la profonde crise économique que traverse la Grèce n’entraine pas ces dérives dangereuses, mais qui s’amorcent.
Le ressentiment germanophobe des Grecs ou la recherche de vieux démons ethniques pour exorciser la crise doivent être pris au sérieux. Les peuples européens – et leurs représentants politiques – ne peuvent rester dans leur mutisme actuel face à un rejet violent des potions amères qui sont infligées au peuple Grec.
Vous allez pouvoir élire un député pour faire entendre ces tensions, la manière dont vous les vivez et les soutiens que vous attendez de la communauté nationale à laquelle vous appartenez.
Je suis à votre écoute :
A votre écoute sur votre situation économique personnelle et de la manière dont vous êtes ou non touchés ;
A votre écoute sur les questions sociales de retraite, d’accès aux soins, de besoin de solidarité, etc. ;
A votre écoute sur l’avenir des projets que vous avez entrepris ici et qui pourraient être à risque alors qu’ils représentent pour vous des années d’efforts ;
A votre écoute sur l’éducation de vos enfants et leur apprentissage du Français ;
A votre écoute pour maintenir un lien culturel fort entre la France et la Grèce malgré les difficultés actuelles.

Publié 16 avril 2012 par gt2012

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